Glissements sémantiques : Sémantique et Corpus, Opus 3

Le glissement sémantique…

Tout le petit monde SEO en a entendu parler…

Nous allons sur ce billet tenter de formaliser ce concept.
Nous allons aussi étudier comment mettre en œuvre cette approche.

En prime, on pourra évaluer les tunnels sémantiques d’un site…

Je vous propose aussi de préciser les éventuelles différences entre glissement sémantique et continuité sémantique.

Bien que faisant référence aux metamots, la compréhension de ce billet ne nécessite pas de les avoir.

Il fait déjà très chaud aujourd’hui… vous allez transpirer !

1) Description d’un glissement sémantique

PRÉALABLE : Dans ce billet, termes sémantisés = lexies issues de metamot.

On parlera de glissement sémantique quand plusieurs pages partagent un même sujet, plus ou moins, tout en étant maillées ensemble dans leur rédactionnel..

Ces pages vont surfer sur un même sujet en l’abordant, par exemple, sous différents angles/points de vue. Ou bien, le sujet sera légèrement dérivé d’une page à l’autre, progressivement.

Le maillage entre lesdites pages s’opérera par des liens. Sans lien, pas de glissement possible. (Il est possible de faire aussi du maillage par co-citations, mais ce cas ne sera pas abordé ici.)

Des pages reliées uniquement via des menus généraux à un site ne comptent pas.

Donc, nous avons déjà deux prérequis : sujets de pages évoluant de proche en proche + liens rédactionnels.

Mais, comme nous avons en face un moteur, il faut l’aider ce pauvre petit sans imagination : il faut que les pages partagent des termes « sémantisés » communs.

Donc, nous ajouterons aux prérequis précédents le fait que des termes « sémantisés » communs entre les pages permettent à un moteur de recherche de trouver un voisinage thématique.

2) Utilité du glissement sémantique

Plus les thématiques de 2 pages sont proches, plus les liens faits par maillage entre elles seront forts sur le thème de ces mêmes pages.

Idéalement, les pages doivent être mutuellement concurrentes entre elles…

Donc, en ayant sur votre site plusieurs pages abordant une même thématique, sous différents angles, celles-ci seront pertinentes à se mailler entre elles.

Il vaut mieux, à ce titre, faire 5 pages liées entre elles de 1000 mots chacune qu’une seule de 5000 mots.
C’est une des raisons pour lesquelles les cocons sémantiques donnent de bons résultats quand ils sont bien faits et que le cocon reçoit un minimum de jus initial.

3) De quoi a-t-on besoin pour savoir si on glisse ?

Nous serons d’accord sur le fait que mesurer un glissement revient à mesurer une sorte de distance sémantique entre deux pages.

Si deux pages contiennent exactement les mêmes termes sémantisés et avec exactement la même quantité, même longueur de page, même pondération, il y a davantage une continuité qu’un glissement.

Bien sûr, on peut aussi mesurer un continuum sur un seul mot-clé, mais ce n’est pas passionnant, autant le faire sur l’ensemble des mots sémantisés d’une page, car peu de thématiques, voire aucune, ne se résument à un seul mot-clé !

Dès lors que l’on a les données de chacune des pages, on peut calculer leur écart, et donc leur glissement sémantique.

cas particuliers :
écart ≃ 0, il y a continuité
écart -> +∞, les pages n’ont aucun rapport entre elles.

4) Je mesure, tu mesures, il mesure..

Bon, évidemment, avec les metamots, c’est bien plus facile qu’avec des champs lexicaux et des cooccurrences… Donc, je vais vous donner une des façons de le faire avec des metamots.

Nous avons x lexies en commun entre deux pages.
Version classe de troisième :
Nous faisons la somme des valeurs de chaque entrée dans chacun des metamots.

Version bachelier d’aujourd’hui :
Nous faisons la somme des valeurs de chaque entrée dans chacun des metamots.
(poke à Paul Guth)

Version 1er trimestre de fac :
écart = 1 /(∑ [lex i page a + lex i page b]^2)^0.5
avec Lex i page a = valeur dans le metamot de la première page de la lexie i
si i = 1, il s’agit de la lexie 1, si i = 2, il s’agit de la lexie 2, etc.
Note : si une lexie est répétée 3 fois dans chacune des pages, on la compte trois fois.

Simple, non ?

Bon, l’idée est que plus il y a d’indices en commun à donner à un moteur, mieux c’est.

5) Diamètre d’un tunnel sémantique

Bon, on va continuer avec des trucs amusants…
On ne se sert plus des écarts ici.

Cette fois-ci (je n’ai pas le temps de faire un croquis, désolé), on ne va plus s’intéresser à l’écart brut entre deux pages, mais au « diamètre » d’un tunnel que l’on peut faire entre plusieurs pages montées en série.

Pour expliquer, on va prendre seulement 3 pages : A, B et C.
A est mutuellement relié à B
B est mutuellement relié à C
A et C ne sont pas reliés

Pour aller de la page A à la page B, supposons que j’ai 4 lexies en commun. Mon diamètre est alors de 4 entre ces deux pages.
Sur ces 4 lexies, si seulement 2 permettent de relier B à C, le diamètre global tombe à 2.

En changeant l’ordre des pages, on peut faire varier le diamètre du tunnel sémantique… à cogiter 😉

Une fois que vous avez compris le raisonnement de ce paragraphe, vous pouvez réintroduire dans le calcul du diamètre du tunnel les valeurs de chaque lexie et leur pondération.

6) Conclusion

Si vous êtes dans les embouteillages, j’espère que vous n’avez pas vu le temps passer.
Si vous êtes revenu de vacances, j’espère que vous aurez envie d’y retourner ! 😉

On n’a pas idée, un billet pareil un 7 août, il est fou ce Christian !
 

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Commentaires (10)

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    Sprimont

    |

    Ce petit reminder de glisse est presque rafraichissant comme une sortie sur les pistes de ski… mais avec le mal de tête en plus. (désolé pour la déviation sémantique)

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    Laurent Bourrelly

    |

    J’entends dire qu’il est difficile de comprendre les explications de Christian (orales ou écrites).
    Il y a un truc qui cloche…
    Ou alors, je viens de la même planète que lui car son discours me paraît absolument limpide.
    Ou alors, il faut commencer à se sortir le doigt pour plonger un petit peu dans les entrailles d’un moteur.
    En plus, ce n’est franchement pas très compliqué.
    Quand je vois la thèse de ma mère pour son doctorat en recherche nucléaire, même le titre me laisse perplexe.
    J’ai perdu un temps énorme à creuser de mon côté pour tenter de décoder le truc.
    Aujourd’hui, vous avez des gars comme S. Peyronnet et C. Méline qui vous vulgarise la problématique au max.
    Profitez en car vous ne pouvez pas jauger la chance que vous avez.
    De mon temps, j’aurais bien aimé avoir un Méline ou Peyronnet sous la main pour capter comment ça pouvait bien fonctionner un moteur de recherche.
    Sinon, pas besoin de se tracasser à savoir comment ça fonctionne. Un SEO peut très bien bosser sans comprendre la mécanique.
    Du coup, il ne faut pas dire que c’est mal expliqué. À la place, je conseille de dire qu’on n’en a rien à foutre (ou qu’on n’a pas le niveau).

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      Christian Méline

      |

      merci 🙂 🙂 🙂

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    Dwizer

    |

    Oups. Maître Bourrelly 😉 un peu vénère, comme on dit. On reconnaît bien là une de vos marottes, le glissement sémantique, mais le propos semble un petit peu “on ne mélange pas le bon grain de l’ivraie”. lol. On pourrait simplement dire que, quand on est pas habitué à ce type de formulation, que cela peut paraître un peu obscure. Peut être qu’un léger effort pédagogique rendrait le propos plus clair pour tous.

    Ceci dit, très intéressant point de vue, qui essaie de rationaliser, pour ne pas dire “mathématiser” une approche SEO profonde et plus efficace. Une vision plus globale qui est moins dans le “one shot” : on fait un texte en pensant qu’on va faire du buzz ou qu’il est conforme a ce que l’on connaît des réactions moteurs de recherche (ou pense connaître). Avec le “glissement sémantique”, si je comprend bien, on travaille sur le long terme et dans la stabilité pour le positionnement dans les Serps. (?)
    Pour être concret, peut-on parler de glissement sémantique quand un site d’hôtelier par exemple, à mise en place une partie blog ou actu et qu’il traite d’une série d’articles réguliers, relié entre eux, qui parlent de sa région, du tourisme, etc ??

    Merci. Bel article. Et mille respect Laurent 🙂 On te lit aussi beaucoup.

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      Christian Méline

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      Pour ta question, tout va dépendre de quelle page du blog relie quelle page du site et l’ensemble avec quels mots sémantisés (voir l’explication sur ce que sont les mots sémantisés dans l’opus 1)…
      Si c’est bien fait, cela peut être très performant.

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        Dwizer

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        Merci Christian… je bûche tout ça depuis l’opus 1. Et bravo. Tes articles sortent vraiment de l’ordinaire en rapport avec ce que l’on voit habituellement dans les blogs SEO. Une vision qui donne une meilleure vision du métier.

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      Laurent Bourrelly

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      Je me suis peut-être mal exprimé, mais justement je salue l’effort pédagogique car l’autre alternative est plus qu’obscure.
      Par exemple, allez piocher dans http://research.google.com/pubs/papers.html

      Oui cela m’énerve qu’on crache sur la soupe, alors que quelqu’un fait l’effort d’expliquer le plus simplement possible des choses relativement compliquées.
      Maintenant, la version simple est peut-être déjà trop compliquée pour certains. C’est sans doute cela le fond du problème.

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        Damien HERNANDEZ

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        Je partage exactement le même avis que toi Laurent ^^

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    Vincent Brossas

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    Il y a peu de blogs SEO qui peuvent se vanter de publier d’aussi bons articles que toi, félicitations pour celui-là, j’ai appris des choses vraiment très pertinentes ! Je n’étais pas du tout familier avec tout ce langage, c’est désormais très clair !

    A bientôt Christian

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    Consultant Seo

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    Félicitation Christian pour cette article que je viens de découvrir. C’est très clair et cette explication va me permettre de pouvoir améliorer le maillage de mes articles.

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